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Creepy Cyber

Creepy Cyber

Vienne, le 20 octobre 2016,

Comme vous pouvez vous en douter, faire partie d'un réseau international tel qu'UNiBA-Partners représente bien plus qu'un voyage chaque année.  Bon, je dois bien l'admettre, m'envoler pour Singapour pour la première fois m'a pour le moins donné des ailes, mais le but de l'opération était surtout de revoir les partenaires qui composent ce réseau.

Être membre d'UNiBA-Partners, c'est pouvoir compter sur l'expérience de partenaires locaux, qui vous aident et vous soutiennent avec un professionnalisme sans faille car vous êtes leur partenaire et car ils savent que vous ferez la même chose pour eux quand la situation sera inversée.

Et, pour ne rien cacher, nous nous rencontrons dans des villes toutes plus passionnantes les unes que les autres, telles que Vienne.  J'aime donc à penser que je pars à la découverte du monde...  Mais quel monde?

Nous sommes une dizaine dans l'ascenseur qui nous mène au hall de l'hôtel.  Il n'y a que deux étages à parcourir, mais j'ai quand même le temps de saluer Donna Wright (JKJ, Philadelphie, États-Unis) et Rajiv Mathur (Bharat Re, Inde), ainsi que d'apercevoir que Jan Drahota (Indwe, Afrique du Sud) est également de la partie.  Je reconnais aussi sa femme, mais je ne retombe plus sur son prénom, alors que nous avons passé une soirée ensemble à Rome à papoter autour d'une pizza.  Est-ce important? Plutôt, oui! L'épouse de Jan est quelqu'un de très spontané et exubérant (dans tous les sens du terme) et elle m'a appris quelques expressions en afrikaans lorsque nous étions à Rome.  J'ai encore en tête « Hier kom kak » (« C'est le début des ennuis » en français, pour rester poli) et voilà que ces mots sortent de ma bouche sans que j'ai même le temps de m'en rendre compte!  Éclats de rire dans la cabine d'ascenseur, qui en tremble carrément.  Les autres personnes présentes nous regardent d'un drôle d'air.  Juste après, dans le hall de l'hôtel, je m'assure de n'avoir pas causé un incident international avec ma sortie en afrikaans, et je reçois comme réponse une accolade chaleureuse qui veut tout dire.  Tout va bien, donc.

Mais revenons-en à nos moutons...

Les réunions d'UNiBA-Partners, c'est un peu comme rassembler le monde entier dans une salle de conférence.  Le nouveau membre originaire de São Paulo est visiblement dirigé par une famille japonaise.  Le CEO du nouveau membre chinois est, paraît-il, retenu à Hong Kong dans une réunion avec des Russes particulièrement exigeants, et se fait représenter aujourd'hui par une petite dame au jeans déchiré - tout sourire.  Les membres du Paraguay sont chacun à moitié d'origine allemande (des réfugiés donc, de troisième génération - sujet encore toujours sensible).  Et je pourrais encore continuer longtemps!  Nous avons tous les assurances comme dénominateur commun, mais nous ne pourrions pas être plus différents.  Une chose qui nous rapproche, par contre, c'est que nous sommes tous des courtiers indépendants.  Et même si nous savons que Pierrot Gierez (Media Assurance Luxemburg) est un « captive broker » de RTL et que RVM est détenu par une banque en Autriche, personne ne doute un instant de leur indépendance, de leur aversion au dictat des assureurs et de leur dévouement envers leurs clients.  Il y a ce lien fort entre nous.  On entend parfois parler de quelques « méga courtiers » ou des « Alphabet brokers » (un terme qui désigne Marsh, Aon et Willis-Towers-Watson).  Et soudain, ce lien qui nous unit se transforme en un comportement presque tribal.

La première présentation à laquelle notre « tribu » assiste est celle d'un hacker professionnel.  En à peine cinq minutes, celui-ci prend (sous nos yeux!) le contrôle de deux smartphones dans l'assemblée et leur fait échanger des messages plutôt personnels.  Cinq minutes plus tard, il nous montre comment il arrive à contourner un logiciel antivirus et un pare-feu pour prendre possession d'un ordinateur dans la salle et prendre des photos de son propriétaire.  Il termine en modifiant les prix sur un site Web et en commandant des articles de luxe à un prix défiant toute concurrence...

Nous en avons tous la chair de poule.  Il est donc impossible, de nos jours, d'être encore sûr de l'origine d'un message.  Et il serait illusoire de croire qu'un appareil, quel qu'il soit, est à l'abri d'une intrusion, parfois même jusqu'au code source.  Au moment de s'assurer que nous avons bien compris ce qu'il essaie de nous expliquer, notre hacker évoque aussi le « dark Web » et nous parle d'un site sur lequel on peut demander l'élimination de quelqu'un, pour autant que l'on ait entre 75 000 et 900 000 € à dépenser.

Comme dans chaque tribu, l'assemblée compte quelques « guerriers » qui, dans ce genre de situation, disent en connaître déjà un rayon sur le sujet.  Mais pendant la pause-café, le ton est tout autre.  Plus personne ne se demande si tout cela va se produire un jour, mais plutôt quand... L'on entend des mots comme « creepy » et « heavy ».  C'est effrayant et lourd à digérer.

Pour terminer en beauté, si je puis dire, nous accédons brièvement au site fireeye.com, sur lequel nous assistons (toujours en direct) à une mesure concrète des cyberattaques dans le monde, dont la presse parlera en long et en large dans quelques jours.  On ne peut voir que 50 % des attaques, l'autre moitié étant impossible à détecter, paraît-il.

Pas moins de 92 % des entreprises indiquent avoir été victimes d'une attaque de ce type au cours des cinq dernières années, parmi lesquelles 42 % seulement estiment que l'incident pourrait se reproduire et dont 54 % seulement ont pris des mesures concrètes pour éviter une autre attaque.

Alors, l'« Internet des objets » vous fait-il toujours autant rêver?  Pour ma part, je sais déjà sur quel sujet portera notre prochain « 911 »: une démonstration en direct, pour que personne ne puisse encore nier que le risque existe bel et bien et qu'il peut prendre plusieurs formes.

Trois bus nous emmènent ensuite vers un restaurant typique de Vienne.  Emese Guörgy et Tamàs Bànfi (Potter, Hongrie) m'entraînent vers le buffet.  Je regarde avec méfiance les plats proposés, qui me rappellent amèrement un restaurant à Hambourg.  Viande de porc, choucroute, salade de concombre... Ouf, j'aperçois un schnitzel!  Mais bien sûr, nous sommes en Autriche!

La vue d'Emese embarquant quatre strudels sur son assiette finit de me rassurer (et me confirme d'où elle tient ses formes généreuses).  Il y a encore de la douceur en nous...  Tout n'est pas perdu.

Paul-Emmanuel Casier

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